Mise à jour économique – Les taux hypothécaires sous surveillance
Une économie qui reprend de la vigueur, mais des risques inflationnistes qui demeurent
La Banque du Canada a annoncé le 2 septembre le maintien de son taux directeur à 2,25 %. Il s’agit d’un statu quo qui intervient alors que l’économie canadienne montre des signes de reprise, mais que les risques liés à l’inflation, aux prix de l’énergie et aux tensions commerciales demeurent importants.
La croissance économique reprend
Après une première moitié d’année marquée par beaucoup d’incertitude, les dernières données montrent une amélioration de l’activité économique.
Le PIB réel du Canada a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, après une croissance révisée de 0,1 % au premier trimestre. Cette progression a notamment été soutenue par les exportations, les dépenses des ménages et l’investissement des entreprises.
Sur une base par habitant, le PIB réel a augmenté de 1,0 % au deuxième trimestre, alors que la population canadienne a diminué pour un troisième trimestre consécutif.
Cette amélioration est encourageante, mais elle ne signifie pas pour autant que l’économie canadienne est en forte expansion. La Banque du Canada considère toujours que des capacités excédentaires demeurent présentes dans l’économie.
Le marché de l’emploi demeure relativement solide
Les données les plus récentes montrent toutefois un certain ralentissement après les gains enregistrés au cours des mois précédents.
En août, l’emploi a diminué de 42 000 postes, soit une baisse de 0,2 %. Malgré ce recul, le taux de chômage est demeuré à 6,4 %, après trois mois consécutifs de baisse.
Au Québec, l’emploi a diminué de 19 000 postes en août, tandis que le taux de chômage est demeuré à 5,6 %.
Le marché du travail demeure donc relativement stable, mais les données d’août indiquent que l’amélioration observée au printemps et au début de l’été commence à perdre un peu de vigueur.
L’inflation demeure le principal élément à surveiller
L’inflation constitue actuellement l’un des principaux facteurs qui limitent la marge de manœuvre de la Banque du Canada.
L’IPC a augmenté de 3,0 % sur un an en juillet, comparativement à 2,8 % en juin. La hausse a notamment été alimentée par les prix de l’essence, qui ont augmenté de 25,7 % sur un an.
Au Québec, l’inflation atteignait 3,3 % en juillet, comparativement à 3,2 % en juin.
La Banque du Canada doit donc composer avec deux réalités :
Une économie qui reprend de la vigueur
→ Moins de pression pour réduire les taux.
Les baisses de taux sont généralement utilisées pour soutenir l’économie lorsque la croissance ralentit. Une économie qui reprend de la vigueur réduit donc la nécessité d’assouplir davantage la politique monétaire.
Des pressions inflationnistes persistantes
→ Moins de marge de manœuvre pour réduire les taux et un risque de maintien des taux à des niveaux élevés plus longtemps.
Si les pressions inflationnistes demeurent importantes, la Banque du Canada pourrait devoir conserver une politique monétaire restrictive plus longtemps.
Notre lecture : le scénario de nouvelles baisses importantes du taux directeur s’éloigne. Les risques sont maintenant davantage orientés vers une période de stabilité prolongée, avec un risque de hausse si les pressions inflationnistes s’intensifient.
Et les taux fixes?
Il est important de rappeler que les taux hypothécaires fixes ne suivent pas directement le taux directeur de la Banque du Canada.
Ils sont principalement influencés par les rendements des obligations gouvernementales, qui réagissent aux anticipations d’inflation, de croissance économique et de taux d’intérêt.
Or, les rendements obligataires canadiens ont récemment augmenté. Le rendement de l’obligation du gouvernement canadien à 5 ans est passé d’environ 3,33 % à la fin août à 3,41 % le 3 septembre, tandis que le rendement à 3 ans se situait à 3,19 %.
La Banque du Canada souligne elle-même que les rendements obligataires à long terme ont augmenté au Canada et à l’échelle mondiale.
Cela signifie que les taux fixes demeurent vulnérables à une pression haussière, même si le taux directeur demeure inchangé.
Une économie qui reprend de la vigueur, combinée à une inflation qui demeure au-dessus de la cible de 2 % et à des rendements obligataires plus élevés, pourrait donc maintenir une pression à la hausse sur les taux fixes au cours des prochains mois.
Et les taux variables?
Le taux directeur demeure à 2,25 %, tandis que le taux préférentiel des grandes institutions financières demeure autour de 4,45 %.
Pour les détenteurs d’un taux variable, la décision du 2 septembre signifie qu’il n’y a aucun changement immédiat à leur taux hypothécaire attribuable à cette décision.
La situation demeure toutefois à surveiller. Si les pressions inflationnistes s’intensifient de façon durable, la Banque du Canada pourrait être contrainte de maintenir son taux directeur élevé plus longtemps ou, dans un scénario plus défavorable, envisager une hausse.
Notre lecture du marché
Le contexte actuel nous amène à privilégier une approche prudente.
Les dernières données économiques ne nous amènent pas à anticiper une baisse importante des taux à court terme. Au contraire, la reprise de l’économie, un marché du travail qui demeure relativement solide et une inflation qui s’est accélérée en juillet réduisent la probabilité de nouvelles baisses du taux directeur.
Pour les prochains mois, nous anticipons donc davantage un marché volatil, avec un risque de pression à la hausse sur les taux fixes, plutôt qu’une tendance clairement orientée à la baisse.
Cela ne signifie pas nécessairement que nous prévoyons une forte remontée des taux. Toutefois, le contexte actuel ne favorise pas une baisse rapide et importante des taux.
Pour les clients actuellement à taux variable, la décision de convertir vers un taux fixe devrait être analysée au cas par cas. Il faut notamment tenir compte de la différence entre votre taux actuel et les taux fixes disponibles, de votre horizon de détention, de votre capacité à absorber une variation de paiement et de votre tolérance au risque.
En résumé
📈 Croissance : le PIB réel a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026.
👷 Emploi : l’emploi a reculé de 42 000 en août, mais le taux de chômage demeure à 6,4 %.
🏦 Taux directeur : maintenu à 2,25 % le 2 septembre 2026.
⛽ Inflation : l’IPC a augmenté de 3,0 % en juillet, en hausse par rapport à 2,8 % en juin.
📊 Taux fixes : les rendements obligataires ont récemment augmenté, ce qui pourrait maintenir une pression à la hausse sur les taux fixes.
🔄 Taux variables : aucun changement immédiat, mais l’évolution de l’inflation demeure à surveiller.
Vous avez un renouvellement ou un projet immobilier?
Dans un environnement où les données économiques évoluent rapidement, la meilleure stratégie n’est pas nécessairement de choisir le taux le plus bas aujourd’hui, mais de choisir la structure hypothécaire qui correspond le mieux à votre situation et à vos objectifs.
Si vous avez un renouvellement à venir, un achat, un refinancement ou si vous souhaitez simplement revoir votre stratégie hypothécaire, n’hésitez pas à communiquer avec moi.
MARIE PRONOVOST, BACC. Économie
Dirigeante responsable
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